Travail par forte chaleur : faire valoir nos droits, en gagner de nouveaux !
La France connaît son deuxième épisode de canicule alors que l’été vient tout juste de commencer. Plus de 3/4 des départements de métropole sont placés en vigilance rouge, avec des températures grimpant jusqu’à plus de 40°C. Le département du Maine-et-Loire bat de tristes records de température avec des pics à 44°C.
L’impréparation de la préfecture, des collectivités territoriales et du patronat est irresponsable alors que la multiplication et l’aggravation de ces épisodes sont annoncés depuis des décennies. Contrairement à ce que déclare le préfet de Maine-et-Loire, les habitant·es du département n’ont pas besoin d’un "papa" qui leur dise quoi faire, mais bel et bien de pouvoirs publics qui, pour une fois, protégeraient les travailleurs et les travailleuses, nos écosystèmes, et pas simplement les profits du patronat.
Lors de la canicule de mai, au moins un travailleur a trouvé la mort, un ouvrier de 19 ans dans la Drôme, qui travaillait sur un toit sans aucune mesure particulière prise par l’employeur, selon l’inspection du travail. Selon la préfecture, son décès est dû à une hyperthermie.
Face à cette mise en danger des salarié∙es, le syndicalisme constitue un contre-pouvoir.
L’État et les pouvoirs publics manquent à leurs devoirs, comme dans l’Éducation nationale où le rectorat de l’Académie de Nantes a failli à toutes ses obligations. Tout d’abord en négligeant d’évaluer les risques professionnels puis en refusant de recenser les personnes vulnérables comme il est censé le faire mais surtout en diffusant des injonctions contradictoires et en laissant la gestion de cet événement aux chef d’établissements ou aux mairies, entrainant des inégalités locales et une grande confusion, qui a mis en danger les personnels. Les remontées de terrains, par les registres Santé et Sécurité au Travail, les droits de retraits et les déclarations de danger grave et imminent, sont alarmantes. Pourtant les mesures à prendre pour la rénovation écologique du bâti scolaire, pour de meilleures conditions de travail lorsqu’il fait chaud, ou froid, et pour des économies d’énergie, sont connues. Nous les portons avec l’Alliance écologique et sociale, qui a publié un rapport en septembre dernier, : L’école bien dans ses murs : pour une rénovation écologique du bâti scolaire. Il en va de même pour l’hôpital public et les EHPAD, laissés à l’abandon et structurellement inadaptés à ces crises thermiques répétées depuis la canicule de 2003 qui avait fait plus de 15000 mort·es, dont en grande majorité des personnes âgées et vulnérables.
Pourtant de l’argent nous a été volé à nous les travailleurs et travailleuses soit-disant pour protéger les plus fragiles. Les dirigeant.e.s nous ont pris à chacun directement ou en proportion du temps de travail près de 11 heures.
Pourtant, rien n’a été fait en ce sens et aujourd’hui les pouvoirs publics en reste à une gestion au cas par cas, génératrice d’inégalités. Nous exigeons un cadrage national avec des critères objectifs pour décider du report des examens, de la fermeture des écoles et des établissements, une évaluation primaire des risques professionnels liés à la météo, des autorisations d’absence pour les personnels vulnérables qui auront été recensées et une reconnaissance en accident de service des lésions éventuelles liées à cet épisode caniculaire.
Au travail, le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 est insuffisant. Le gouvernement a refusé de fixer des températures maximales dans le code du travail, ou d’imposer que des températures maximales soient fixées par secteur d’activité, ou de permettre à l’inspection du travail d’arrêter l’activité dans les situations de danger. Dans l’immédiat, Solidaires exige également des arrêtés de suspension des travaux en extérieur de la part des préfectures, dans le bâtiment et les travaux publics mais aussi les autres secteurs concernés pendant toute la période de canicule rouge.
Et au-delà de ces mesures indispensables et urgentes d’adaptation et de protection, il est plus que temps de sortir de l’inaction climatique, en associant les travailleurs et les travailleuses à la reconversion écologique de l’appareil productif et à la sortie des énergies fossiles sans leur faire payer la facture.
